Jean-Pierre
Andrevon aime les zombies, c’est entendu. Après plusieurs
bouquins consacrés (au moins en partie) à ce sujet purulent
par essence (dont le très efficace «Les revenants de l’ombre»
toujours dispo en PdF si on cherche bien), l’animal récidive
en sortant au Bélial’ «Zombies, un horizon de cendre»,
réjouissante contribution au genre à défaut d’être
un chef d’œuvre intemporelle.
Sous une couverture qualifiée d’ignoble ou de géniale
en fonction des lecteurs (une zombie aux gros seins portant un fusil
à pompe, dotée d’un très transparent t-shirt
sur lequel on peut lire «fuck the dead» - très classe
-), le roman se laisse lire, sans toutefois renouveler ce courant littéraire
bien particulier qu’est la littérature de morts-vivants.
Si l’histoire est basique, Jean-Pierre Andrevon s’amuse
beaucoup et s’offre un hommage aux ténors du genre, de
Romero à Matheson, le tout via un scénario ultra classique
(utilisé récemment au cinéma par Danny Boyle dans
son très recommandable « 28 jours plus tard ») :
Un mystérieux trou noir de la mort qui tue qui passe par hasard
dans notre banlieue galactique fait renaître les morts. Tous les
morts. Vraiment tous. [Ceux qui aiment la Hard Science sont priés
d’aller cliquer ailleurs, que les choses soient claires ]. Ce
qui, quand même, fait du monde, une vraie foule. Et qui pue.
D’abord sceptiques, les pouvoirs publiques sont rapidement débordés
par cette marée verdâtre, lente et apparemment désoeuvrée.
Apparemment seulement, parce qu’au bout de quelques semaines,
nos braves zombies font exactement ce qu’ils savent faire, à
savoir sucer la cervelle des vivants.
Bref, pour le narrateur, la vie bascule. Sa femme et sa fille le quittent,
et le voilà retranché d’abord chez lui, puis finalement
dans une ex-caserne, en compagnie de nombreux cinglés de tous
bords, tous bien décidés à massacrer du zombie
avant d’y passer pour de bon. Pim, pam, poum, donc, mais avec
la plume d’Andrevon, c’est-à-dire avec talent et
humour, même si le second degré est distillé à
doses homéopathiques.
Au final, « Zombies, un horizon de cendres » n’est
pas exactement un roman majeur, tout au plus un divertissement sans
conséquence et sans grand intérêt, mais qu’on
achètera quand même parce qu’Andrevon doit bien payer
son électricité et qu’on aime bien Andrevon. Les
fanatiques du genre apprécieront, les autres verront.