Ah,
la magie du bon docteur...
Le si prolifique et si prophétique bon docteur Asimov, la référence
ultime en matière de science-fiction. Tellement référentiel
qu'on en oublie le référé, à savoir les
livres en eux-mêmes, dépouillés de toute cette gloire.
"Les vents du changement " est aujourd'hui réédité
dans la collection Folio SF sous une jolie couverture. Un événement
? Certainement pas.
Asimov est un monstre sacré, n'en doutons pas une seconde, mais
d'une telle quantité de pages n'émerge qu'un faible pourcentage
de vrais joyaux. Ce n'est d'ailleurs pas si grave, les diamants valent
largement la peine qu'on prend à creuser la terre grasse et moite.
L'ennui, c'est que dés qu'un monstre sacré meurt, les
éditeurs peuvent se lâcher sur les fonds de tiroir sans
la moindre arrière-pensée, nous délivrant ainsi
une amère vérité : oui, même les meilleurs
auteurs peuvent parfois écrire de la merde, surtout quand il
s'agit de travaux alimentairesn c'est-à-dire l'essentiel des
nouvelles rassemblées dans ce recueil, ce dont Asimov ne se cache
même pas dans ses petits textes introductifs.
Si l'on apprécie la dernière nouvelle du recueil, dans
laquelle l'auteur explore avec humour les joies de la théorie
temporelle en général et les rivalités du milieu
universitaire en particulier, les autres lassent, fatiguent, et, au
final, ne laissent aucune trace.
C'est d'ailleurs le plus remarquable dans ce livre qui ne fera pas date
: une fois la dernière page tournée, on a bien du mal
à se rappeler le thème des histoires lues quelques minutes
plus tôt...
De la SF lisse, sans âme, avec ça et là une touche
amusante ou un thème intéressant, mais systématiquement
sous-traité et limité.
Un vrai, un grand "Dommage !", pour un bouquin dont Asimov
n'avait certainement pas besoin.
Les éditeurs, si.
Tant pis.