ROBERT SILVERBERG - TIME OPERA - LE BELIAL'

Rassemblé en un seul volume aux éditions du Bélial’, les deux romans qui composent « Time Opera » sont particulièrement symptomatiques d’un auteur prolifique, parfaitement capable de pondre sa demi douzaine de romans par an pour payer son loyer.


Si Robert Silverberg se dépeint lui-même [lire à ce titre les passionnantes introductions aux nouvelles rassemblées en intégrale chez Flammarion] comme un tâcheron de l’écriture, il n’en reste pas moins l’un des plus grands auteurs de SF contemporain, avec ses hauts et ses bas, d'autant que ses bas sont généralement bien plus hauts que les bas de certains autres…
Trop longs, trop délayés et finalement prévisibles, « Les déserteurs temporels » et « Les temps parallèles » ressemblent à d’excellentes nouvelles artificiellement rallongées dans un but strictement alimentaire. Pas de panique toutefois, les deux textes sont corrects, agréables à lire, et s’adressent tout particulièrement aux forcené-es du voyage dans le temps.


Le premier se rapproche de « Les déportes du cambrien » et dépeint un monde totalitaire, surpeuplé, figé dans un système ultra hiérarchisé, dans lequel un hors la loi promet aux dissidents de tout poil une nouvelle vie dans un passé plus sympathique et moins policier. Flic haut placé chargé de l’enquête, Quellen est partagé entre son devoir et la misère de sa vie quotidienne… Et si l’invention de Lanoy [le criminel, donc] n’était pas si mauvaise, après tout ?
Variation sur la multiplicité des univers, due à des bidouillages malvenus lors de voyages temporels désastreux, le deuxième texte sert surtout de prétexte pour dépeindre une ville qui fascine SILVERBERG : Byzance. Le lecteur suit l’histoire d’un guide temporel affecté à cette zone, de ses débuts hésitants à l’inévitable dérapage. A une époque où le voyage temporel est un loisir très couru, les guides subissent de lourdes pressions : Satisfaire le client, certes, mais également le surveiller constamment, afin que l’Histoire ne soit jamais changée. Et si la patrouille du temps veille (un hommage discret à Poul Anderson), elle ne peut pas non plus tout gérer, surtout si ce sont les guides eux-mêmes qui déconnent… En tombant follement amoureux d’une très belle ancêtre, par exemple… Et comme il est bien connu que l’amour rend bête, la catastrophe n’est pas loin.


Bien meilleur que « les déserteurs temporels», « Les temps parallèles » ne fait toutefois pas oublier que nous avons affaire ici à du SILVERBERG mineur. Du SILVERBERG quand même, mais en petite forme. « Time opera » est donc un omnibus à réserver principalement aux fans, ou à tous ceux que les variations autour du thème du voyage dans le temps fascinent.

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