Après
plusieurs titres impeccables («Des milliards de tapis de cheveux»
pour n’en citer qu’un), il fallait bien qu’Eschbach
se plante. C’est désormais chose faite avec «Le projet
Mars».
Qualifié de livre pour enfants par l’éditeur (qui
en profite pour mal orthographier le nom de l’auteur sur la tranche
du livre), «Le projet Mars» relève beaucoup plus
du mauvais bouquin pour adultes. On a d’ailleurs l’impression
(malveillante, convenons-en) que l’Atalante a acheté le
bouquin sans le lire, pour le requalifier «Littérature
jeunesse» après constatation in visu de la médiocrité
de la chose. Passons sur cette douteuse équation «Mauvais
bouquin pour adulte = bon bouquin pour enfants»…
Précisons tout de même qu’il existe des livres bien
pires que « Le projet Mars », mais qu’on est également
en droit d’attendre beaucoup mieux de la part d’Eschbach.
Sorte de «Club des cinq» dans l’espace, «Le
projet Mars» raconte la vie quotidienne des enfants de mars, ces
gamins nés sur la planète rouge, élevés
dans une station scientifique et habitués aux scaphandres depuis
leur plus tendre enfance. Entre jeux et rêves, les enfants prospèrent
agréablement, avant de surprendre le vilain projet du chef de
la station : Tout arrêter, en accord avec le gouvernement, la
station coûtant trop cher pour des apports scientifiques peu encourageants.
L’annonce du futur démantèlement dûment annoncée,
les enfants décident de gagner du temps, d’autant qu’un
problème de santé condamne l’une d’entre eux
à ne pouvoir supporter la pesanteur terrestre, la reléguant
de fait à une semi-vie concentrationnaire dans une station orbitale
pour le restant de son existence. Elynn (c’est son nom), pour
sa part, est persuadé de la présence de martiens…
Et si c’était vrai ?
Oui, c’est vrai.
Une fois la véritable idée lancée (la présence
de restes archéologiques attestant la thèse d’une
vie extraterrestre), le livre s’arrête net. Dommage, d’autant
qu’il a fallu lire plus de 300 pages pour constater de fait qu’Eschbach
passe complètement à côté de son sujet, terminant
par dessus la jambe un texte qui aurait pu être excellent. Soit.
Il faut parfois payer son loyer. Quant au lecteur adulte, il évitera
de payer.Pour lui ou pour ses gamins.