LES LETTRES DE PELAFINA - MARK Z. DANIELEWSKI

Ceux qui ont lu et apprécié LA MAISON DES FEUILLES seront heureux d’apprendre que ce livre-univers-concept-expérience-bizarrerie-imposture ne s’arrête pas là. Vient donc de sortir un (petit) livre tiré à part rassemblant les lettres envoyées par la mère de Johnny Errand à son fils chéri, augmentée de 11 inédites.

 

Coup éditorial ? Sans doute, diront les plus cyniques, d’autant que la chose n’apporte rien au livre original. Pas du tout, diront les autres, les LETTRES DE PELAFINA formant une œuvre à mettre en parallèle avec le roman et suffisamment éloignée du sujet pour prétendre à l’autonomie.


De fait, nul n’est besoin de se taper LA MAISON DES FEUILLES pour apprécier LES LETTRES DE PELAFINA. On se souvient que le livre de DANIELEWSKI est un voyage en lui-même, encensé par les uns et décrié par d’autres, complètement expérimental et malgré tout parfaitement lisible. Du coup, sa lecture implique un certain engagement de la part du lecteur. Avec LES LETTRES DE PELAFINA, le flâneur littéraire peut s’offrir facilement un petit tour dans les méandres de l’esprit tortueux de DANIELEWSKI, l’ensemble formant un panorama très juste de l’univers mental de l’auteur.


Ainsi, on suit la correspondance d’une mère, lentement gagnée par la folie, dont la déchéance apparaît progressivement sur le papier, avant de dégénérer en délire pur et simple. Le malaise est croissant, et la parfaite tenue littéraire du livre ne doit pas occulter son indéniable beauté graphique qui séduire les plus esthètes d’entre nous.

Bref, redisons-le, LES LETTRES DE PELAFINA ne forment pas une œuvre fondamentale, mais permettent un accès simplifié à un auteur dont on attend avec impatience les prochains ouvrages.

- retour à la liste des chroniques -