Ceux
qui ont lu et apprécié LA MAISON DES FEUILLES seront heureux
d’apprendre que ce livre-univers-concept-expérience-bizarrerie-imposture
ne s’arrête pas là. Vient donc de sortir un (petit)
livre tiré à part rassemblant les lettres envoyées
par la mère de Johnny Errand à son fils chéri,
augmentée de 11 inédites.
Coup
éditorial ? Sans doute, diront les plus cyniques, d’autant
que la chose n’apporte rien au livre original. Pas du tout, diront
les autres, les LETTRES DE PELAFINA formant une œuvre à
mettre en parallèle avec le roman et suffisamment éloignée
du sujet pour prétendre à l’autonomie.
De fait, nul n’est besoin de se taper LA MAISON DES FEUILLES pour
apprécier LES LETTRES DE PELAFINA. On se souvient que le livre
de DANIELEWSKI est un voyage en lui-même, encensé par les
uns et décrié par d’autres, complètement
expérimental et malgré tout parfaitement lisible. Du coup,
sa lecture implique un certain engagement de la part du lecteur. Avec
LES LETTRES DE PELAFINA, le flâneur littéraire peut s’offrir
facilement un petit tour dans les méandres de l’esprit
tortueux de DANIELEWSKI, l’ensemble formant un panorama très
juste de l’univers mental de l’auteur.
Ainsi, on suit la correspondance d’une mère, lentement
gagnée par la folie, dont la déchéance apparaît
progressivement sur le papier, avant de dégénérer
en délire pur et simple. Le malaise est croissant, et la parfaite
tenue littéraire du livre ne doit pas occulter son indéniable
beauté graphique qui séduire les plus esthètes
d’entre nous.
Bref,
redisons-le, LES LETTRES DE PELAFINA ne forment pas une œuvre fondamentale,
mais permettent un accès simplifié à un auteur
dont on attend avec impatience les prochains ouvrages.