JOHAN HELIOT - OBSIDIO - LUNES D'ENCRE

On connaissait le HELIOT steampunk [voir "La lune seule le sait"], mais c'est un tout autre auteur que la collection Lune d'encres nous présente avec "Obsidio". Trois récits qui louchent du côté du fantastique, mais également vers la science-fiction. [Re]découverte ?
"Obsidio" rassemble deux longues nouvelles [ou deux courts romans, c'est selon] et les sépare par un court texte de quelques pages.


C'est paradoxalement ce texte ["Retour aux sources"] qui mérite le détour : il met en scène un cadre supérieur confronté à la brusque apparition du fantastique dans son quotidien le plus routinier. Vieille ficelle du fantastique, le principe est repris avec bonheur par HELIOT, pour une petite nouvelle remarquable, intelligente, drôle, cynique et même assez vertigineuse. On en redemande.


Beaucoup plus lourd et parfois ridicule, "Les maux blancs" s'apparente au polar avant de basculer dans l'horreur. On suit avec plaisir les aventures de ce môme hanté par un père chasseur de nazis, mais le côté grand guignol qui rattrape le récit reste trop peu crédible pour être intéressant. Un essai loupé, même si on sent poindre quelques grands moments.


Troisième et dernier récit, "Obsidio" est une sorte d'hommage à Stephen KING, tant le scénario lui ressemble : dans une ville pourrie comme il en existe des milliers en France, entre une cité et un complexe pavillonnaire, un jeune punk, deux ilôtiers, un patron de bar, une enseignante, une camée et un docteur véreux vont tenter de survivre alors que le monde se décompose.
Les gens disparaissent, le soleil semble s'éteindre peu à peu, et les "survivants" vont tenter de comprendre la nature exacte de l'horreur qui se manifeste heures après heures. On trouve même une scène à la Terminator 2 sur la fin du texte, et si l'idée de départ est excellente [voir la définiton de "délire obsidional" pour comprendre], HELIOT se perd en chemin.


C'est dommage, car on sent vraiment que le véritable "excellent texte" n'est pas loin.
"Obsidio" ne restera pas dans les annales, mais HELIOT a toutes les chances d'y parvenir. Souhaitons lui une longue vie.

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