On
connaissait le HELIOT steampunk [voir "La lune seule le sait"],
mais c'est un tout autre auteur que la collection Lune d'encres nous
présente avec "Obsidio". Trois récits qui louchent
du côté du fantastique, mais également vers la science-fiction.
[Re]découverte ?
"Obsidio" rassemble deux longues nouvelles [ou deux courts
romans, c'est selon] et les sépare par un court texte de quelques
pages.
C'est paradoxalement ce texte ["Retour aux sources"] qui mérite
le détour : il met en scène un cadre supérieur
confronté à la brusque apparition du fantastique dans
son quotidien le plus routinier. Vieille ficelle du fantastique, le
principe est repris avec bonheur par HELIOT, pour une petite nouvelle
remarquable, intelligente, drôle, cynique et même assez
vertigineuse. On en redemande.
Beaucoup plus lourd et parfois ridicule, "Les maux blancs"
s'apparente au polar avant de basculer dans l'horreur. On suit avec
plaisir les aventures de ce môme hanté par un père
chasseur de nazis, mais le côté grand guignol qui rattrape
le récit reste trop peu crédible pour être intéressant.
Un essai loupé, même si on sent poindre quelques grands
moments.
Troisième et dernier récit, "Obsidio" est une
sorte d'hommage à Stephen KING, tant le scénario lui ressemble
: dans une ville pourrie comme il en existe des milliers en France,
entre une cité et un complexe pavillonnaire, un jeune punk, deux
ilôtiers, un patron de bar, une enseignante, une camée
et un docteur véreux vont tenter de survivre alors que le monde
se décompose.
Les gens disparaissent, le soleil semble s'éteindre peu à
peu, et les "survivants" vont tenter de comprendre la nature
exacte de l'horreur qui se manifeste heures après heures. On
trouve même une scène à la Terminator 2 sur la fin
du texte, et si l'idée de départ est excellente [voir
la définiton de "délire obsidional" pour comprendre],
HELIOT se perd en chemin.
C'est dommage, car on sent vraiment que le véritable "excellent
texte" n'est pas loin.
"Obsidio" ne restera pas dans les annales, mais HELIOT a toutes
les chances d'y parvenir. Souhaitons lui une longue vie.