Le
Resnick nouveau est arrivé !
En fait de nouveauté, il s'agit plutôt de l'édition
tardive d'un roman paru en 1981, mais on ne chipotera pas pour si peu,
et on applaudira les éditions Imaginaire Sans Frontière
de mettre à notre disposition un livre définitivement
" resnickien ".
"Le mangeur d'âme" est une sorte de Moby Dick dans l'espace.
Nicobar LANE, "Tueur de chose", comme il aime à se
définir, traque "Le marchant de rêves". Cette
créature insaisissable semble faite d'énergie pure, mais
bien rare sont ceux qui ont cru l'apercevoir. Chasseur célèbre,
LANE poursuit le mythe, jusqu'à comprendre qu'il ne s'agit pas
d'une légende, mais bien de quelque chose de vivant. Et de fondamentalement
différent.
Sacrifiant tout, argent, jeunesse, loyauté, Lane poursuit ce
qu'il nomme désormais "Le mangeur d'âme". Tel
un capitaine ACHAB, il va au bout de lui-même, mais à l'instar
du personnage de MELVILLE, le héros n'existe que via la créature
qu'il traque. Le chasseur a besoin du chassé, et vice-versa.
Si l'intrigue est classique, si le développement est plutôt
sans surprise, bref, s'il ne s'agit finalement que d'un roman "mineur",
et, avouons-le, plutôt mauvais, il est assez difficile de masquer
notre plaisir à lire "Le mangeur d'âme". On y
retrouve le talent de RESNICK pour dépeindre des personnages
de cow-boys cosmiques attachants, le tout dans un univers qui rappelle
"Santiago" et la (consternante, mais réjouissante quand
on a 13 ans) trilogie du "Faiseur de veuves".
Le livre est exactement ce qu'il est : un bon bouquin récréatif,
malin et divertissant.
Ça tombe bien, c'est précisément ce qu'on lui demande.
Mais pas plus, hein.