S.P. SOMTOW - MALLWORLD - FOLIO SF

Avec la publication de «Mallworld», Folio SF rassemble en un seul volume plusieurs textes liés au célèbre centre commercial cosmique (déjà parus dans «Mallworld graffiti», Denoël) ou tout simplement inédites. Le lecteur n’a donc plus d’excuse pour goûter la plume très atteinte de Somtow Sucharitkul, dont l’origine thailandaise explique en partie l’originalité du ton et des situations.

A mi-chemin entre Douglas Adams et le roman très sérieux, S.P. Somtow (un pseudo limpide) construit un monde drôle ou poétique, stupide ou pertinent, simple ou compliqué, à mesure que ses nouvelles s’enchâssent dans ce grand n’importe quoi qu’est Mallworld.
Pour faire simple, Mallworld est un gigantesque cylindre spatial d’une trentaine de kilomètres de long, stationné aux environs de Jupiter, et dont la vocation est d’être le plus grand Shoping Mall de l’univers. Il s’agit en fait d’une espèce de consolation pour les terriens, enfermés dans leur propre système solaire et privé des étoiles par une sorte d’écran de force posé au-delà de l’orbite de Saturne. Infranchissable et arbitraire, ce mur (qui dérobe également aux terriens la simple vue des étoiles. Une idée… Glaçante) est dû à la célérité des Selespridar, extraterrestres quasi divins (et humanoïdes à 98%), dont le jugement sur les terriens est sans appel : Race sous-développée et dangereuse, à mettre en quarantaine d’urgence, en attendant qu’elle développe une sagesse suffisante pour intégrer la grande famille galactique. Mais l’isolement a ce côté pervers que tout plein de gentils extraterrestres sont fascinés par cette puante humanité, au point de concevoir Mallworld, donc, véritable Carrefour spatial délirant, où tout s’achète et se vend. Y compris le fameux ticket pour la sortie… Sans aucun doute…


Plutôt drôle, parfois gentillet, «Mallworld» a ce côté sens of wonder qui fait mouche, avec le plus notable d’une plume complètement allumée, sans parler d’une imagination délirante qui rappelle les constructions les plus folles d’un Wul ou d’un Varley. Reste que tout ça ne va pas très loin, et que ce recueil de nouvelles ne fait pas exactement partie des livres inoubliables. Une curiosité.

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