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originellement aux éditions Mnémos, " Le lion de Macédoine
" est aujourd'hui réédité par Folio SF qui le
décline en 4 tomes. David GEMMEL trouvera sans doute un public
plus large, dans la mesure où son oeuvre est de tout premier ordre
.
Jusqu'ici, la Fantasy ne s'était pas vraiment intéressée
à la Grèce antique, mais c'est désormais chose faite,
et avec brio.
Premier tome du "Lion de Macédoine", "L'enfant maudit"
raconte la vie de Parménion, élève dans une caserne
de Sparte et rejeté de tous en raison de son sang macédonien.
Humilié, frappé et méprisé, Parménion
s'impose pourtant comme stratège de haut vol et guerrier redoutable.
Pris sous la protection du célèbre Xénophon, son
amour coupable [et tragique] pour Dérae provoquera sa fuite à
Thèbes, d'où il jurera de raser Sparte, arrogante cité
à l'origine de son malheur.
Crédible, c'est le premier adjectif qui vient à l'esprit
une fois la dernière page tournée. Le fantastique est très
diffus, car partie intégrante de ces années-là [les
dieux ne sont pas autre chose que de la Fantasy, après tout]. GEMMEL
traite son histoire comme un polar, et il faut bien avouer que lâcher
le bouquin avant la fin pose de sérieux problèmes d'ongles
rongés.
Oui, on n'échappe pas au méchant qui pointe sa dague sur
la gentille pour impressionner le gentil, oui, on suit l'apprentissage
d'un petit môme qui deviendra grand, oui, tout ça n'a rien
de bien original, mais le décor grec est tellement bien rendu et
si intelligemment décrit, qu'on ne peut que rester béat
devant une telle efficacité. Bref, on reste admiratif devant ce
premier volume, et la suite est attendue de doigt ferme.
Deuxième
épisode des aventures de Parménion, "La mort des nations"
relate la vie du Stratégos à Thèbes, alors faible
cité menacée de toute part.
Intelligent et décidé, Parménion règle peu
à peu les problèmes, jusqu'au massacre des Leuctres, qui
voit l'armée spartiate défaite par les thébains.
Peu avant cette victoire, qui lui assure enfin sa vengeance, il rencontre
le jeune Philippe de Macédoine, otage de Thèbes qui sera
plus tard autorisé à revenir chez lui. Pour Parménion,
le sort reste cruel et lui arrache la deuxième femme qu'il ait
jamais aimée : Thétis.
Du côté des forces surnaturelles, les choses se corsent et
les différentes sorcières attendent la venue du Dieu Noir,
ce qui n'annonce pas grand-chose de bon.
Mais tout ceci est encore loin, et après quelques voyages comme
mercenaire [en compagnie de son ami Mothac], Parménion entre au
service du nouveau roi de Macédoine, jeune homme traqué
qui n'est autre que Philippe. Très rapidement, Parménion
pète la gueule à tout le monde et la Macédoine redevient
une nation avec laquelle il vaut mieux éviter de déconner.
En attendant, Philippe engendre Alexandre [oui, oui, c'est bien de cet
Alexandre-là qu'il s'agit], mais c'est malheureusement dans le
corps de cet enfant que le Dieu Noir a décidé de s'incarner.
Autant dire que la suite s'annonce brutale· [En fait, c'est un
peu plus compliqué, mais on n'en dira pas plus car on dévoilerait
tout].
Autant dire tout de suite que si la première partie de cette saga
était vraiment excellente, le deuxième volume n'est plus
au niveau.
L'intrigue demeure assez simpliste [seul contre tous, le héros
va faire très mal à tout le monde], ce qui limite la profondeur
du récit.
Ceci dit, reconnaissons également que l'ensemble est d'une grande
crédibilité et que GEMMEL sait raconter une histoire. On
passe à côté du chef d'oeuvre, mais on reste captivé
par les aventures de Parménion. Bref, on attend la suite avec une
certaine impatience.
Et
de trois pour Parménion, le Stratégos, La Mort des Nations,
le plus grand général du monde civilisé, et tout
et tout .
Maintenant qu'Alexandre est né, les forces des ténèbres
attendent leur heure. Mais comme les méchants ne sont jamais patients,
ne voilà-t-il pas qu'Alexandre [qui n'a que 4 ans mais qui débat
déjà des présocratiques avec ses aînés]
est malencontreusement happé dans un monde parallèle. Un
monde où les créatures mythologiques vivent normalement
dans des bois. Un monde où un certain Philipos de Macédoyne
règne en maître. Un monde sauvage dans lequel Alexandre risque
la mort à chaque instant. Pour le tirer de ce mauvais pas, Parménion
doit tout simplement aller le chercher, ce qui revient à défier
Philipos, autoproclamé roi démon. Bref, ça craint.
D'autant qu'on trouve des minotaures et des gorgones à la
pelle, dans ce coin.
On y retourne pour un tour, il y a déjà longtemps qu'on
n'y croit plus, mais on ne lâchera pas le bouquin avant d'en avoir
finit.
C'est ce qu'on appelle une histoire qui marche. Le lecteur est accroché
jusqu'au bout, et vous savez pourquoi ? Tout bêtement parce que
GEMMEL écrit bien et qu'il connaît toutes les ficelles du
suspense.
Du coup, " Le lion de macédoine " est un livre à
recommander pour ce qu'il est : du pur divertissement, mais de très
grande qualité. Et puis honnêtement, ça fait du bien
d'avoir encore 15 ans sur 1200 pages au total.
Le quatrième suit...
Les
choses ne s'arrangent pas, mais après tout, c'est bien pour ça
qu'on est là...
Maintenant qu'Alexandre est un beau jeune homme de 18 ans, son père
le répudie plus ou moins. Pour Parménion, le dilemme est
total, jusqu'à ce qu'Alexandre soit obligé de fuir Pella
pour éviter le courroux de son père. Mais ce dernier se
reprend [merci le collier magique] et réalise son erreur. Alexandre
pardonne tout, mais son comportement est assez étrange, pour ne
pas dire ambivalent. Et quand Parménion entame la campagne de Perse,
d'affreuses nouvelles lui parviennent de Macédoine. Philipe est
mort et Alexandre règne. Les cités se révoltent,
mais le nouveau roi noie les rebelles dans le sang. Était-ce la
volonté d'Alexandre, ou est-ce le retour du Dieu Noir ?
C'est fini ! Après 4 tomes épiques, le lecteur laissera
tomber Parménion comme un vieux copain. Autant dire que les aventures
du Stratégos sont particulièrement attachantes, et que GEMMEL
a largement remporté son pari : "Le lion de macédoine"
est une saga à mettre entre toutes les mains, du plus jeune au
fan chevronné en passant par le dilettante.
C'est de la SF légère, du divertissement bien mené.
Oui, ça ne va pas très loin, mais ce n'est jamais idiot.
Au final, c'est exactement ce qu'ORWELL appelait de " l'excellente
mauvaise littérature ".
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