On
aimait bien Joe haldeman.
La guerre éternelle avait en effet largement mérité
son prix Hugo, et ses autres livres publiés chez Denoël
valaient largement le détour. Si le récent La paix
éternelle paraissait un peu baclé (un point de vue
qui fait débat), certaines idées continuaient tout de
même à faire mouche, tout comme les dialogues et les développements
de l'histoire.
Mais cette fois, en publiant La liberté éternelle,
Joe HALDEMAN se fout carrément de la gueule de son lecteur.
Le
livre débute pourtant sur une heureuse surprise : on retrouve
William Mandela et Marigay Potter, héros magnifiques et pathétiques
de La guerre éternelle. Leur vie sur Majeur suit un
cours plutôt calme, mais l'omniprésence des Hommes [et
de leurs alliés taurans], génétiquement identiques
et branchés sur une mémoire collective, ressemble à
une dictature terriblement efficace.
Fatigués d'une existence terne, les vétérans conçoivent
le projet de s'emparer d'une navette pour faire un petit voyage de dix
ans à l'autre bout de la galaxie. La relativité aidant,
ils devraient être de retour 40 000 ans plus tard ! Suffisamment
longtemps pour échapper à l'emprise des hommes et des
Taurans.
Sur ce postulat plutôt intéressant, HALDEMAN brode maladroitement
la difficulté des relations entre William, Marigay et leurs deux
enfants. L'une veut partir, l'autre rester pour s'intégrer aux
Hommes. Là-dessus, tout le monde finit par s'enfuir [après
quelques péripéties] pour se heurter à un autre
problème : après deux semaines de ballade, l'antimatière
[carburant du vaisseau] disparaît purement et simplement. Zut.
Retour
à la case départ pour nos joyeux voyageurs (24 ans plus
tard, tout de même), mais pas de chance, tout le monde a disparu
sur Majeur. On ne va pas s'effrayer pour si peu, il suffit d'aller faire
un tour sur terre pour vérifier.
Aussitôt
dit, aussitôt fait, mais là-bas, le constat est le même.
L'humanité a disparu, tout comme les Taurans, d'ailleurs. Heureusement,
William et Marigay découvrent une race à part, présente
sur terre depuis le début, qui peut prendre n'importe quelle
forme. Ces " Omnis " sont quelques dizaines et ne savent pas
non plus de quoi il retourne. Le dialogue entre eux et William est à
mourir de rire : ce dernier, face à une vérité
hallucinante propre à choquer les certitudes les plus établies,
participe tranquillement à la conversation, comme si l'Omni était
un vieux copain. Trop fort, ce William.
Bref, quand on commence à se demander s'il ne va pas falloir
jeter le bouquin aux ordures, Joe HALDEMAN fait intervenir Dieu.
Ouais
ouais, Dieu.
En fait, c'est très simple. Tout le monde réapparaît
illico, et l'ensemble du bordel n'était qu'une expérience
divine rigolote comme tout. Dieu explique sa vision des choses et disparaît
dans l'infini. Et si la physique n'était qu'une borne propre
à un univers laboratoire ?
Voilà.
HALDEMAN est-il devenu complètement fou ? Mystère.
Le bouquin vaut 100 balles.
Achetez-vous autre chose avec cet argent. honnêtement. N'importe
quoi. Même un CD de Jean Jacques Goldman.