CHRISTOPHER MOORE - LE LEZARD LUBRIQUE DE MELANCHOLY COVE - SERIE NOIRE

De temps en temps, la célèbre Série Noire se lâche et s'offre un ou deux titres qui louchent beaucoup plus du côté de la SF que du bon vieux polar.
C'est une bonne chose, car les genres littéraires peuvent zapper les passerelles et s'aventurer sur des terrains entièrement nouveaux. C'est le cas du "Lézard lubrique du Melancholy Cove" dont le titre annonce quelque chose de réjouissant.


Dans ce curieux mélange entre réalisme populaire et fantastique délirant, on trouve d'abord un monstre marin [dont l'origine douteuse reste inexpliquée] aux appétits variés, un Sherif désagréable aux activités louches, un brave flic municipal qui entretient soigneusement son carré de cannabis, une ex-actrice schizophrène [mais toujours sexy, avec ses bikinis de cuir noir et son épée à double tranchant] de films Z post-apocalyptiques dont les titres s'approchent de " Kendra l'amazone des terres inconnues contre le mutant de la mort qui tue sa pute de mère", un bluesman responsable de la mort du fils dudit monstre marin [et ce dernier lui en veut d'ailleurs beaucoup], un tenancier de resto qui s'appelle Howard Philip, une tenancière de bar dont la quasi intégralité des organes a été remplacée par des prothèses en titane, une psychiatre qui délivre du Prozac à tour de bras avant de décider que non c'est mal tiens si j'arrêtais d'en donner que se passerait-il, un pharmacien véreux qui se tape des cétacés (mais uniquement par l'anus), un biologiste fan des rats et du jus de cerveau, et un chien qui aimerait bien pouvoir se rouler de temps en temps dans la charogne.


Et tout ce petit monde vit à Melancoly Cove, bourgade californienne dans laquelle il ne se passe évidemment jamais rien, et dont le quotidien va être bouleversé par l'irruption du monstre [d'abord déguisé en caravane] dont les émanations phéromonales provoquent chez les humains un brusque regain de libido.


Bref, on le voit, le livre est écrit par un dangereux névropathe, mais le propos reste très sérieux et on finit presque par y croire. Ce n'est pas le chef d'oeuvre du siècle, mais dans le genre, c'est plutôt une réussite.
À découvrir.

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