FRANCIS VALERY - LE TALENT ASSASSINE - LUNES D'ENCRE

On connaissait la [très bonne] "Cité entre les mondes", on avait lu "Passeport pour les étoiles" publié en poche chez Folio SF, mais on ignorait le VALERY introspectif si bien représenté par "Le talent assassiné".


Publié chez Denoël dans la belle collection Lune D'encre, "Le talent assassiné" est / n'est pas un roman / essai expérimental fantastique / réaliste, mais plutôt un délire / pamphlet très sérieux qui louche du côté de l'autobiographie imaginaire / imaginée / anti-autobiographique.


C'est vrai que ça laisse un peu perplexe, mais ça n'empêche pas de résumer la situation : Dans la vraie vie vraie de la vie, Francis VALERY a rendez-vous avec Gilles DUMAY, directeur de la bien connue collection Lune D'encre et grand baiseur de stagiaires [comme chacun sait]. Sur le chemin, un attentat envoie VALERY faire un tour du côté du coma et les choses se compliquent. Parce que, en fait, c'est plutôt Jean Hubert DE LA THIBAUDIERE qui a rendez-vous avec Gilles DUMAYSBERG, son éditeur / bienfaiteur / persécuteur.
Ce dernier lui explique que les ventes chutent, et qu'il va falloir passer à autre chose pour rester à flot. Mais au-delà de ça, JH [appelez-le JH, d'accord] rencontre d'autres personnages curieux, des personnages qui semblent être de simples pseudonymes d'un mystérieux auteur. Et si JH lui-même était aussi un pseudonyme ? La création d'un auteur a-t-elle droit à l'existence ?


Bref, si le propos de VALERY semble burlesque, si les relations d'amour et de haine entre auteur et éditeur sont remarquablement bien rendues et remarquablement vachardes, "Le talent assassiné" est un livre très sérieux. Sous forme d'enquête policière, VALERY livre quelques éléments autobiographiques touchants, et sa galerie de portraits vaut largement le détour.


Au final, le livre est drôle, audacieux et passionnant.
Un VALERY grand cru pour un voyage aux confins de l'imagination, sans vaisseau spatial, sans amas tentaculaire, sans combat à la hache maudite, sans invasion plutonienne, bref, du vrai fantastique sans toc.
Et une belle réflexion sur la création. En plus. Ce qui ne coûte rien et qui fait toujours plaisir.

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