FRANCK M. ROBINSON - LE POUVOIR - FOLIO SF

Publié en 1956 en pleine paranoïa anti-rouge et remanié légèrement dans les années 90, «Le pouvoir» est le premier roman de Robinson traduit en français. En attendant la publication prochaine de «The dark beyond the stars», exceptionnel space opera intimiste (si si) qui fait office de chef d’œuvre, le lecteur peut s’offrir un agréable détour par «Le pouvoir», texte mineur mais remarquablement bien ficelé.

Vrai thriller fantastique (adaptable au cinéma sans l’ombre d’un doute, qu’est-ce que vous foutez, les producteurs ? Bon, en fait, ça a déjà été fait. "La guerre des cerveaux") qui se dévore en quelques heures, «Le pouvoir» raconte la traque subie par un jeune employé de la Navy. Spécialiste de la résistance humaine en milieu hostile, il chapeaute un comité chargé d’étudier les capacités développées par certains (et pas les autres) pour survivre. Quels facteurs rend un individu plus fort, plus rapide, plus agile, plus à même de réagir et d’orienter ses actes vers la solution idéale ? Pourquoi certains supportent mieux la douleur que d’autres ? Autant de questions auxquelles le comité cherche à répondre, via des expériences somme toute académiques. Mais les choses changent d’aspect quand l’un des membres du comité pète les plombs. Un surhomme serait infiltré dans ce petit cercle de spécialistes. Un surhomme capable d’imposer sa volonté aux autres. Un surhomme qui a le pouvoir. Un surhomme qui n’a d’ailleurs aucune envie de sympathiser avec les hommes normaux. D’ailleurs, qui aurait envie de discuter avec des larves ?


Traqué par une créature clairement supérieure qui lui ruine sa vie, Bill tanner (le héros, donc), tente désespérément de mener sa propre enquête. Une enquête qui le mène dans l’Amérique profonde, dans un bled où tout le monde se souvient d’une certaine personne, quelqu’un de tellement charismatique que les villageois sont prêts à mourir pour lui… Quelqu’un manifestement capable de modifier la perception qu’il offre de lui-m-eme. Quelqu’un de très dangereux… Et méchant, avec ça…


Remarquablement divertissant, très hollywoodien dans sa forme comme dans son fond, «Le pouvoir» pourrait n’être qu’un roman banal s’il n’était dû à la très bonne plume de Franck M. Robinson. Avec un sens du rebondissement parfaitement maîtrisé, l’auteur nous fait vivre cette chasse à l’homme de l’intérieur, à mesure que les pièces du puzzle se mettent progressivement en place. Et si la fin est convenue (bien que sympathique), «Le pouvoir» reste un excellent roman de gare, idéal pour un voyage loin de nos grisailles quotidiennes.

- retour à la liste des chroniques -