Figure
centrale de l'œuvre de Dan SIMMONS , à qui l'on doit l'inoubliable
Hyperion, L'échiquier du mal a eu un curieux
destin éditorial.
D'abord publié en 1989 en deux volumes dans la défunte
[et mythique] collection Présence du futur, ré-édité
ensuite en 4 volumes dans l'éphémère Présence
du fantastique, puis re-ré-édité en deux volumes
chez Folio SF, l'épais livre de SIMMONS est aujourd'hui enfin
présenté en édition "définitive",
à savoir un seul opus de presque 1000 pages.
Le lecteur [re]découvrira avec délectation cette sombre
histoire de vampires mentaux, dont les capacités psychiques paranormales
sont responsables des pires atrocités commises en ce siècle
ténébreux [le XXème, en l'occurrence, mais il semble
bien que cela continue].
Nazisme, fanatismes et autres flambées de violence sont ici expliqués
par la présence de ces hommes de l'ombre, dont le "talent"
mental les pousse à se livrer une guerre sans merci.
Déchirés par des puissances qu'ils ne comprennent pas,
les personnages de SIMMONS tentent de repousser l'horreur et de débarrasser
la planète de ces monstres assoiffés de pouvoir.
Faussement simpliste, L'échiquier du mal est la parfaite
déclinaison du thriller fantastique. Ecriture nerveuse, récits
emboîtés, trame historique rigoureuse et apothéose
explosive, les ingrédients sont tous présents, mais subtilement
dosés.
Une preuve supplémentaire du grand talent de SIMMONS dont on
attend en juillet le retour à la SF plus traditionnelle, avec
la publication d'un nouveau cycle (calqué sur Homère)
dont le premier volet, ILIUM, est disponible en chronique sur ce site.