Ce
qu’il y a de bien avec la littérature dite de SF, c’est
qu’elle est capable de tout intégrer, tout mélanger,
pour donner quelque chose d’unique. Le chien de ma chienne en
est un exemple parfait.
Vues à travers les yeux d’un type à moitié
paumé, à moitié camé, à moitié
largué, à moitié freak, à moitié
à peu près tout, les nouvelles qui composent ce recueil
sont des petits chefs d’oeuvre d’absurde, de délire,
de sérieux et de drôlerie.
Difficile de trouver littérature plus décalée,
d’une naïveté touchante mais évidemment fausse,
qui met en scène des personnages perdus, souvent tristes, fondamentalement
gentils et complètement à côté de leurs pompes.
On y découvrira les aventures de deux potes qui découvrent
une limace géante et qui essayent de la vendre, pendant que la
femme de l’un intéresse fortement l’un des deux amis,
on passera par les aventures d’un propriétaire de chien
à trois pattes contactée par une fille qui possède
ces chiots mutants, on visitera l’intérieur mental d’un
employé d’asile psychiatrique confronté à
l’autismeon connaîtra tout sur les moeurs zoophiles d’un
type qui engrosse une chienne qui donne naissance à un mini-mec
qui engrosse une fausse vierge qui donne naissance à des chiots
qui parlent, on saura tout sur les pratiques sataniques d’une
fille bien décidé à éliminer l’ex-coloc
de son copain, bref, on rencontrera d’étranges pays, tous
ciselés à la perfection, pour un voyage dont on ne sort
pas complètement indemne.
Oui, Le chien de ma chienne est un chef d’oeuvre de littérature
absurde, mais c’est également un recueil d’une profonde
humanité, de ceux qui réchauffent quand il fait froid.