Un
pavé de 700 pages, et ce n'est pas fini !
Voilà la bonne surprise que nous réserve les éditions
Flammarion au sein de leur jolie collection " Imagine " :
pas moins 4 recueils formant l'intégrale des nouvelles de Robert
SILVERBERG. Intitulé "Le chemin de la nuit" [titre
du texte d'ouverture], ce premier Opus nous emmène au début
de la carrière de Silverberg.
Jeune homme pas encore sorti de l'université, SILVERBERG se taille
rapidement une réputation de bouche-trou professionnel. Capable
de pondre 2 à 3 nouvelles en une semaine, adaptant ses textes
à tous les pulps pour lesquels il écrit, forcené
de la littérature alimentaire, Robert Silverberg ne retient pas
grand chose de ses premières armes.
Seuls quelques titres sont regroupés ici, des textes où
l'on sent poindre le Grand SILVERBERG, des histoires satisfaisantes
malgré des qualités techniques plutôt moyenne [il
n'a pas 20 ans !].
Quand on sait que "Le chemin de la nuit" se compose presque
essentiellement de textes inédits, quand on voit qu'une introduction
précède systématiquement chaque nouvelle, donnant
avec humour des précisions sur le contexte, il y a de quoi se
précipiter chez le libraire.
À mesure que s'enchaînent les titres, on perçoit
clairement l'évolution de SILVERBERG. Les histoires s'étoffent,
les thèmes s'approfondissent, comme dans "Tant de chaleur
humaine", où l'on suit l'histoire pathétique d'un
télépathe qui a besoin de se nourrir des pensées
des autres pour survivre. "L'oreille Interne" n'est pas loin,
et le lecteur s'amuse à déceler ici ou là les idées
fondatrices sur lesquelles SILVERBERG écrira ses romans.
Inutile de résumer ici les 41 textes qui composent le livre.
Il suffit juste de savoir qu'on ne s'ennuie pas une seconde, que l'ensemble
fourmille d'humanité et d'inventivité, et qu'il n'est
pas nécessaire d'être un fan pour apprécier.
"Le chemin de la nuit" se présente comme de la "vraie
bonne vieille SF", sympathique, chaleureuse, drôle, émouvante
et avant tout distrayante.