LA MECANIQUE DU CENTAURE - M. JOHN HARRISON - FOLIO SF

Avec son mois Space Opera, Folio SF surfe sur l'essence même de la science-fiction en proposant des textes à la fois peu connus et audacieux. La mécanique du centaure est un exemple étonnant, mais très convaincant.


Au menu, un conflit Israélo-palestinien étendue à l'échelle galactique [le roman est écrit en 1975], des fondamentalistes chrétiens dont le passe-temps favori [pour atteindre la divinité] est de se greffer des hublots dans le corps, permettant ainsi aux autres de contempler à loisir ce qui se passe dans leur estomac, des anarchistes poètes aux envolées lyriques notables et un certain John Truck…
Centaurien par sa mère [prostituée patentée], ce minable ex-trafiquant de came et nouveau capitaine de cargo interstellaire rouillé, se retrouve impliqué malgré lui dans une guerre de dimension galactique.
Identifiée comme bombe pensante par le GMI [Gouvernement Mondial Israélien], une étrange machine vient d'être découverte sur Centauri. Engin explosif ? Énigme nucléaire ? Pour s'en assurer, il leur faut la collaboration d'un seul homme, John Truck, dernier des centauriens, ce peuple étrange exterminé par les humains lors de la colonisation.
Grâce à ses gênes, lui seul est susceptible de comprendre et faire fonctionner cette arme redoutable. Traqué par les militaires paranos du GMI, Truck s'échappe pour tomber dans les mains de l’URSA [Union des Républiques Socialistes Arabes], puis dans celles des fondamentalistes ouvreurs.
Abusé, trompé, pourchassé, mutilé, presque assassiné, il essaie de se frayer un chemin dans cette jungle, aidé par une bande de pirates anarchistes sympathiques et d'un musicien shooté à la Fender. Mais si dans cet univers pourri, les ordures font la loi, à quoi va bien pouvoir servir cette fameuse mécanique du centaure ?


Excellent. C'est l'adjectif qui convient. Excellent parce qu'excellemment bien écrit. Excellent parce qu'original, drôle et très sérieux à la fois. Excellent sur les implications philosophiques du sujet. Excellent pour tout.


Difficile de faire mieux dans le genre Space Opera déjanté. Les méchants sont méchants, les gentils paumés et faibles, mais malgré une certaine tendance au manichéisme par endroits, le roman de M. John HARISSON est remarquable à tous les points de vue. On en redemande.

- retour à la liste des chroniques -