Docteur
personnel du Roi Quience, Vosill cumule deux défauts.
Elle en sait bien plus que tout le monde en terme de médecine
et a le malheur d'être une femme. Dans ce monde féodal
aux règles strictes, son rapport privilégié avec
le Roi ne plaît pas à tout le monde. Des complots se trament,
des assassinats se préparent, pendant que d'étranges évènements
ont lieu.
Qui fait quoi ? Qui veut quoi ?
Ailleurs, dans un autre royaume, le " Protecteur " rassemble
ses forces et lance une guère contre les baronnets qui prospèrent
depuis la chute de l'empire. Un empire laminé par une catastrophe
d'origine stellaire, quand une boule de feu tombée du ciel ruina
la société dans son ensemble.
Protégé par un garde du corps zélé nommé
DeWar, le " Protecteur " reste miné par la maladie
de son fils et unique héritier. Une maladie inexplicable qu'aucun
soin ne semble endiguer. Alors que les événements s'emballent,
DeWar et Perrund (la favorite du " Protecteur ") nouent une
étrange amitié platonique. De leurs conversations jaillissent
des histoires tristes et nostalgiques. Celle de deux cousins en désaccord
sur la question concernant l'intervention ou la non-intervention. Celle
d'une femme violée, blessée et finalement avide de vengeance.
Celle qui révèlent des personnages profondément
traumatisés.
Les trahisons se succèdent et s'accélèrent, mais
qui manipule qui ?
Subtil, décalé, tordu et remarquablement construit, "Inversions"
est un roman un peu à part du cycle de la Culture. Il est situé
sur une planète moyen-âgeuse et intégralement raconté
d'un point de vue " indigène ". Pour le narrateur,
l'existence d'une société galactique est tout simplement
inconcevable, et les événements dont il est témoin
lui restent incompréhensibles. Imaginez un Celte manipulé
par des voyageurs temporels venus directement de l'an 7521 !
À l'exact opposé du Space Opera, "Inversions"
décrit un monde très cohérent et alterne deux actions
séparées, procédé habituel chez BANKS.
La pertinence du texte, et l'acuité presque douloureuse dont
l'auteur fait preuve, sont formidables. La lecture du roman est donc
incontournable pour tous les fans du Cycle. Reste que pour comprendre
réellement "Inversions", il est nécessaire d'être
relativement familier avec la Culture.
Lu directement sans aucune référence, "Inversions"
laissera perplexe le néophyte et ne livrera aucune explication
quant à la spécificité de Vosill. Les habitués
du cycle, eux, ricaneront quand elle parlera "d'absence involontaire
due à des circonstances spéciales", seule allusion
claire et nette à la Culture!
Un très bon livre. Un très bon moment. Merci Ian. On t'aime
Ian.