CLAUDE ECKEN - ENFER CLOS - LE BELIAL'

Ni fantastique, ni SF, "Enfer clos" s'inscrit dans un courant littéraire "passerelle", justement revendiqué par les éditions du Bélial qui publient le dernier opus de Claude ECKEN, sous une magnifique couverture [illustrée par Eric Scala].


"Enfer clos" raconte l'histoire de quatre frères et soeurs, enfermés dans une mansarde à l'abri d'une humanité hurlante à laquelle ils espèrent échapper.
En cette fin de seconde guerre mondiale, la populace collaboratrice d'hier se réveille soudainement résistante et s'occupe des traînées qui ont couché avec l'occupant. C'est le cas de Bernadette et Suzie, toutes deux violées et tondues sur la place publique. Guillaume, leur frère, tente de faire oublier sa désertion. Clément, l'autre frère de retour du front, s'acharne à sauver l'honneur de son nom, sans réussir à masquer ses peu ragoûtantes occupations de détrousseur de cadavres.


Unis dans une même peur de l'autre [et d'eux-mêmes], les quatre frères et soeurs se retranchent dans une vieille maison pour un huit-clos de quarante années. Quatre décennies pendant lesquelles ils feront successivement l'expérience de la honte, l'horreur, la bestialité, l'inceste, le meurtre et bien évidemment la folie.


Basé sur une histoire vraie, "Enfer clos" est une hallucinante descente aux enfers. Écrit de manière clinique [voire chirurgicale], le texte n'est qu'une longue suite d'horreurs, à la mesure de la misère des quatre emmurés volontaires. On tombe parfois franchement dans le gore , et c'est d'ailleurs l'une des faiblesses du roman, la violence étant froidement décrite, et non suggérée ou évoquée.
Outrancier, remarquablement peu subtil, horrifique et épouvantable, mais malheureusement vain, "Enfer clos" possède à la fois les qualités et les limites du genre. N'est pas Georges HYVERNAUD qui veut, même si le livre de Claude ECKEN mérite largement le détour.

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