SEAN MC MULLEN - L'EMPIRE DU CENTURION - MILLENAIRES

Les histoires de voyage dans le temps se suivent et se ressemblent, sauf quand un Australien éminent fait dans l’antique-fantasy-science-fiction. Au final, ce curieux mélange donne "L’empire du centurion", un roman aussi agaçant qu’intéressant.


L’intérêt principal de "L’empire du centurion", c’est la manière dont le voyage dans le temps est traité. Totale relecture de la bonne vieille machine temporelle, le livre part d’un élixir "miraculeux" [tiré d’insectes] dont l’ingestion massive tue le sujet en quelques heures, mais dont l’utilisation progressive permet une sorte d’hibernation, pour peu que le corps soit conservé dans la glace. De ce secret naît une secte, les temporiens, oligarches convaincus qui guident les affaires de Rome depuis quelques siècles.


Mais comme tout secret finit un jour par ce savoir, les méthodes de fabrication et quelques fioles sont un jour dérobées au cœur même de la forteresse des temporiens. Panique, et irrémédiable décadence…
Tombé entre les mains d’un médecin, l’élixir est expérimenté sur un jeune centurion du nom de Vitellan. Confié à la glace pour l’éternité, Vitellan sera pourtant réanimé vers l’an 800 [le temps pour lui d’apprendre aux Anglais à se défendre contre l’envahisseur danois], en pleine guerre de 100 ans et, pour finir, dans le monde ultra technologique des années 2020. un destin hors du commun pour des aventures multiples.


Pas de voyage à double sens, donc, mais plutôt une demi-vie qui laisse le sujet bien souvent malheureux et désemparé. Voilà pour le contexte.


Après lecture, on reste sceptique, notamment sur la déconcertante facilité avec laquelle les protagonistes du roman acceptent l’inacceptable. Le passage dans la France médiévale est assez pénible, particulièrement dans la description des jacqueries [révoltes paysannes] qui met en scène des hordes hurlantes de « vilains » violeurs et pilleurs, très occupées à massacrer de nobles familles sympathiques, riches, érudites, propres et chrétiennes… On sait que la réalité n’avait pas grand chose à voir avec cela, et que la noblesse de l’époque méritait largement les révoltes sporadiques des serfs, fatigués de ne pas mériter l’appellation d’être humain...


Il faut aller chercher la deuxième moitié du roman [le monde moderne] pour commencer à y trouver de l’intérêt. Les descriptions des luttes de pouvoir autour du Romain tiré des glaces sont bien fichues, et le lecteur se laisse prendre au roman policier.
Pour le reste, c’est du divertissement sans conséquence, du genre qui ne laisse aucune trace. Dommage.

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