TERRY BISSON - ECHEC ET MATHS - FOLIO SF

Après le [très] délirant « Hank Shapiro au pays de la récup' », Terry BISSON est à nouveau à l'affiche avec « Échecs et maths », un recueil de 3 nouvelles qui entraînent un terrible constat. Terry BISSON est fou.


Écrites entre 94 et 98, ces 3 nouvelles mettent en scène les même personnages, à savoir Irving [avocat] et Wilson Wu [avocat également, sauf qu'il est aussi spécialiste de météorologie entomologiste, qu'il a fait ses études à Harvard - ou Yale ? -, qu'il est médecin, mathématicien, constructeur de canoë, bref, qu'il sait à peu près tout sur tout et qu'il est aussi globalement bien disposé à sauver l'univers, du haut de ses 1m80], entraînés dans des aventures scientificomiques qui, si elles prouvent le sens de l'humour de leur auteur, ne tombent jamais dans la facilité ou la grossièreté.
Ainsi, "Le trou dans le trou" tourne autour d'un repli spatio-temporel situé dans une casse New-yorkaise, en connexion directe avec la lune. Le propriétaire s'en sert d'ailleurs comme décharge à pneus, mais Irving et Wu vont essayer de récupérer le Buggy LRV abandonné par l'expédition Apollo en 1971. Bien sûr, ce n'est pas facile d'aller sur la lune sans scaphandre, mais un bon vieux sac plastique fait l'affaire.
Plus loin, "Le bord de l'univers" nous explique que la reconstruction spontanée des sièges auto à billes de bois abandonnés sur les terrains vagues peut impliquer l'effondrement de l'univers [surtout quand les vieux des maisons de retraite rajeunissent doucement], et qu'il va bien falloir que Wilson Wu y remédie.
Enfin, "Lune de Miel à New-York" traite de l'entropie qui menace l'univers du futur Big Crunch, même si ça doit quand même prendre quelques milliards d'années. Sauf que, évidemment, une vieille télé en noir & blanc connectée à un téléphone portable actionné par un bagagiste subjugué par un savant fou décidé à créer un nouvel univers menace toute cette stabilité. Et comme Wilson Wu doit absolument revenir d'Amazonie pour assister au mariage d'Irving, il ne faut pas qu'un battement d'aile de papillon entraîne un ouragan qui gâche la cérémonie, d'où l'idée de trouver une solution à tout ce bordel.

Bon, on ne va pas s'amuser à résumer ces aventures délirantes, drôles et fines, qui [comme l'annonce la 4ème de couverture] scellent l'improbable amitié entre Albert EINSTEIN et Douglas ADAMS . On ne s'en plaindra pas, et on espère que ces deux-là s'entendent bien là haut. Quant à BISSON, s'il pouvait attendre un peu avant de les rejoindre, ça ne serait pas plus mal.

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