ALAN BRENNERT - L'ECHANGE - FOLIO SF

Ce qu'il y a de bien avec une collection comme Folio SF, c'est qu'on y trouve de tout. Du Space Opera, de la Fantasy, de la Trans-néo-punk-post-moderne [cherchez bien], mais également de l'intimiste. "L'échange" rentre dans cette dernière catégorie, et sa valeur littéraire le hisse vers l'archétype du livre "hors ghetto".


Pour Richard Cochrane, la vie est somme toute assez souriante.
Acteur de théâtre reconnu, il est parfaitement à l'aise dans le petit monde de Broadway. Tout serait parfait si sa vie privée respirait un peu plus le bonheur. Mais Richard n'a jamais su retenir ses amours, et à 35 ans, les regrets s'accumulent.
Ailleurs, dans une autre vie, Rick Cochrane se plante dans son couple. En bonne voie vers le divorce, frustré, lassé par un travail insignifiant, il passe sa hargne sur sa femme et sa fille. C'est que Rick Cochrane aurait tellement voulu quitter sa petite ville natale pour monter sur les planches à Broadway. Mais à la différence de Richard Cochrane, Rick, lui, a décidé de rester, se condamnant ainsi à moyen terme.


Par un processus inexplicable [et inexpliqué], ces deux facettes d'un même personnage se rencontrent un soir de pluie. D'abord incrédules, puis rapidement convaincus, ils décident d'échanger leurs places.
Rick pour enfin accéder à la vie d'artiste dont il n'a jamais cessé de rêver, Richard pour échapper à sa solitude et sa culpabilité. Mais pour tous les deux, l'apprentissage d'une nouvelle vie n'est pas chose facile. Et le bonheur ne se résume pas forcément à une simple situation.


Attachant, adorable, énervant, noble et minable, tels sont les aspects de Rick/Richard Cochrane. Le lecteur apprend à connaître le [les] personnages et s'identifie rapidement à ses échecs, ses frustrations et ses victoires.
Au final, le livre est émouvant, touchant et jamais ennuyeux.


BRENNERT sait raconter une histoire, et son texte est d'une simplicité exemplaire. On y croit de bout en bout, sans jamais tomber dans le sentimentalisme creux. Un vrai bon roman d'une grande humanité, triste et nostalgique, sur tout ce que l'on aurait voulu être, sur tout ce qu'on n'a pas eu, et sur nos regrets infinis.

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