Premier
roman d’un jeune auteur mystérieux, mais également
premier roman français paru dans la collection Rendez-Vous Ailleurs
[Fleuve Noir], «Les fous d’avril» surfe sur la mouvance
techno polar qui font les délices de certains et arrachent des
cris d’ horreur aux autres.
Autant savoir d’emblée que si « Les fous d’avril
» se laisse agréablement lire, le scénario se révèle
assez évident pour le forcené de science-fiction [une
évidence qu’on ne révèlera évidemment
pas ici]. A ce titre, le roman n’est donc pas franchement conseillé
à ceux qui « maîtrisent » le genre, mais plutôt
aux polardeux [et polardeuses] tentés par la SF.
Situé en 2019 dans un Paris plutôt glauque et à
peine futuriste, « Les fous d’avril » raconte l’histoire
de Markus Frey, jeune flic à Europol, dont l’origine trouble
n’est révélée que peu à peu. Sur la
piste d’un tueur psychopathe qui s’attaque aux passeurs
[ces types capables de s’immerger totalement dans le réseau
via une bio-puce directement branchée sur le cortex], Frey se
frotte à plus gros que lui. Si les activités du tueur,
dont les intentions semblent tourner autour de la prise de possession
mentale de ses victimes, ne sont pas claires, d’étranges
professionnels suréquipés, et manifestement prêts
à tout, semblent bien décidés à traquer
le criminel de leur côté. Dépassé par des
évènements qui remuent bien plus de merde qu’il
ne faudrait, Markus va vite comprendre qu’il a mis le doigt exactement
là où il ne fallait pas…
Intrigue policière bien menée, personnages attachants
et décor science-fictionnesque désormais classique, «
Les fous d’avril » a tout du bon roman de gare. Reste qu’il
en offre néanmoins bien peu aux amateurs de SF, et que ces derniers
risquent d’être déçus par l’abondance
des clichés et l’application systématique de l’ensemble
des codes littéraires du Polar.
On reste donc assez sceptique devant un texte qui ne renouvelle rien,
même s'il a le mérite de rendre le lecteur autiste, bien
décidé à ne pas lâcher le roman avant la
dernière ligne. A ce titre, DOA est un auteur à suivre,
et le meilleur de sa production est sans doute à venir.
[
Interview disponible ici ]