Roman
mineur publié en 1968, "Les déportés du Cambrien"
reflète bien l'ambiance politique qui régnait aux Etats-Unis
dans les années 60-70.
Troubles sociaux, prises de conscience et engagements militants constituent
le coeur du récit, même si l'histoire se veut intimiste
et profondément humaine.
Jim Barrett est un dangereux révolutionnaire. Depuis l'âge
de 16 ans, il a lutté de toute son âme contre le système.
Mais ce dernier possède une arme redoutable : le pourrissement
et l'aval des citoyens placides. Condamné à la déportation
pour ses activités subversives, il est l'un des tout premiers
à subir un voyage expérimental dans le temps. Envoyé
un milliard d'années en arrière, il s'organise comme il
peut dans un monde stérile et sombre. Un monde où l'océan
grouille de vie primitive. Un monde qui ne verra pas apparaître
le premier vertébré avant une éternité.
Dans cet endroit inimaginable, le gouvernement déporte les révolutionnaires
de toute obédience. Sur place, la communauté survit tant
bien que mal, mais les condamnés sombrent peu à peu dans
la folie. Il n'existe en effet aucun espoir de retour, le voyage dans
le temps ne fonctionnant qu'à sens unique. Les santés
mentales s'en ressentent et le désespoir grandit au fil des années.
Tout change le jour où apparaît Lew Hahn. Il est jeune,
beau et n'a apparemment rien d'un subversif. Qui est-il et pourquoi
a-t-il été condamné ?
Publié à l'origine sous forme de nouvelle, puis développé
en bref roman, "Les déportés du Cambrien" pêche
par ses côtés prévisibles et une certaine naïveté.
Le récit n'en est pas moins efficace, l'histoire se déroulant
en deux temps. Un chapitre sur le précambrien, un chapitre en
flashback sur le passé de Jim Barrett. Le procédé
n'est ni nouveau ni original, mais il a le mérite de tenir le
lecteur en haleine.
Au final, SILVERBERG nous offre un roman sympathique, sans doute pas
son meilleur, mais amplement suffisant pour passer un bon moment.