CRISTOPHER FOWLER - DEMONS INTIMES - AU DIABLE VAUVERT

Peu connu sous nos longitudes, Christopher FOWLER s'offre aujourd'hui un luxueux recueil de nouvelles, publié Au Diable Vauvert. Saluons au passage l'excellent travail de cet éditeur indépendant, dont la justesse de vue et le bon travail graphique valent largement le détour. À ce titre, la couverture de " Démons intimes " est un petit chef d'oeuvre.


Dix-neuf nouvelles composent ce recueil, certaines fantastiques, d'autres beaucoup plus ancrées dans un polar aux limites du paranormal, mais toutes de haute tenue. Un sans faute, du début à la fin, certains textes étant même de petites merveilles. C'est notamment le cas de " Grattage " qui met en scène un jeune couple bien au-delà de la faillite financière qui gagne à la loterie, sans vraiment savoir la nature exacte du lot. Et si quelqu'un gagne, c'est forcément parce que quelqu'un d'autre a perdu. Et si l'on perd, que perd-on ? Ce court texte est tout simplement superbe, et sa fin, d'une remarquable injustice, joue avec les nerfs du lecteur.


Ailleurs, on trouve " Feu intérieur " qui relate une tranche de vie dans un Londres anesthésié par une nouvelle ère glaciaire. C'est.. heu... glacial, justement.
Un peu plus loin, " La caresse de Midas " a pour fil conducteur les relations entre une femme et son étrange voisin. Un voisin dont la vigueur sexuelle n'a rien à envier aux satyres. Et si, justement, c'était un satyre ?
"En cherchant Bolivar " n'est ni fantastique ni policier, mais à travers le récit d'un anglais à New York, on découvre un FOWLER intimiste, attaché à ses personnages et particulièrement bon dans la description d'un type un peu perdu à la recherche de lui-même.


Fanas des fracas interstellaires, passez votre chemin, Christopher FOWLER est un auteur subtil à l'humour très (mais vraiment très) sombre. "Démons intimes" n'est certainement pas le livre de l'année, mais c'est simplement un excellent bouquin, intelligent et bien conçu. Bref, un régal.

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