Ils
en ont bien discuté et ils ont fini par tomber d'accord sur une
date. La fin du monde est pour 17h52 et l'arrivée de l'Antéchrist
est déjà programmée...
Dieu
et Satan ne sont pas finalement si ennemis que ça!
C'est du moins ce que se plaisent à penser deux de leurs serviteurs,
Aziraphale et Rampa. Le premier au service du bien, le second au service
du mal. Ils se côtoient depuis tellement longtemps (environ 4000
ans, ce qui, avouons-le, laisse pas mal de temps pour développer
une amitié curieuse et contre-nature) qu'il ne sont finalement
pas si emballés que ça à l'idée de déclencher
l'apocalypse.
C'est pourtant leur boulot et ils s'y résignent, mais leur attachement
à l'humanité reste assez profond. Aziraphale, par exemple,
tient une petite librairie d'ouvrages anciens. Il aime tellement les
livres qu'il répugne à s'en séparer et ne les vend
quasiment jamais. Rampa, lui, se plaît à conduire une Bentley
noire de collection et lance des "Bye" en lieu et place des
traditionnels "Gloire à Satan".
Depuis que le monde est monde (C'est-à-dire, comme on l'apprendra,
depuis 4004 ans et 15 minutes), Aziraphale et Rampa font le bien et
le mal, en oubliant parfois qui a fait quoi. L'autoroute M25 (l'équivalent
de notre périphérique parisien) est une très belle
réussite de Rampa, tout comme les parcmètres, bien qu'il
soupçonne Aziraphale d'en être co-responsable.
Lorsque l'antéchrist arrive (sous forme d'un bébé
apparemment normal), une regrettable méprise le fait atterrir
chez la famille Young. Les deux anges (l'un déchu, l'autre pas)
remplissent leur mission à leur manière auprès
d'un autre enfant avant de s'apercevoir de l'erreur. Dés lors,
plutôt embarrassés quant à la réaction de
leurs patrons respectifs, ils vont tenter de remettre de l'ordre dans
tout ça, d'autant que les prémisses de l'apocalypse commencent
à se faire violemment ressentir (remontée de l'Atlantide
et pluies de poissons, entre autres).
Si la quatrième de couverture l'annonce comme "désopilant"
et "hilarant", "De bons présages" est en
fait beaucoup plus subtil que ça.
GAIMAN et PRATCHETT s'en donnent à coeur joie sans jamais tomber
dans l'humour facile et la grosse farce franchouillarde.
On retrouve ainsi le flegme britannique, cher à de nombreux auteurs,
qui donne un ton décalé et divertissant. En conséquence,
le livre reste crédible et drôle, tout en présentant
quantité de personnages attachants.
Une vraie réussite pour un roman qui vaut largement le détour.