D’abord publié en Lunes d’encre chez Denoël,
DARWINIA est aujourd’hui réédité en Folio
SF sous une (jolie) couverture. De fait, les fans de la première
comme de la dernière heure peuvent désormais coller leur
nouvel exemplaire aux côtés de BIOS et des CHRONOLITHES,
romans dont on a parlé, parle et parlera.
DARWINIA a tout simplement fait connaître WILSON en France, ce
qui n’est déjà pas si mal, d’autant que le
roman ressuscite avec talent et intelligence (deux qualificatifs qui
correspondent bien à l’œuvre de Wilson) le bon vieux
roman d’aventure et d’exploration, Tarzan en moins.
Comprenons-nous bien : Malgré ses airs légers et son côté
science-fictionnesque adolescent, DARWINIA est une œuvre très
ambitieuse, machiavélique et même assez compliquée.
On y trouve quelques défauts, quelques personnages curieusement
construits et encore plus curieusement placés, mais qu’importe,
le texte nous emporte de la première à la dernière
page, à la recherche désespérée du pourquoi
du comment.
Au départ, rien de bien méchant (en SF traditionnel, s’entend)
: En Mars 1912, l’Europe entière disparaît en une
nuit. A sa place, un continent vierge et inconnu, qui, s’il reprend
grosso modo la géographie du continent apparemment usurpé,
n’en recèle pas moins une faune et une flore qui lui sont
propres. Une faune et une flore pas forcément sympathiques d’ailleurs,
comme le lecteur s’en apercevra.
Miracle, œuvre diabolique ? les paris sont ouverts. Mais pour Guilford
Law dont on va suivre les aventures, il s’agit avant tout d’une
énigme passionnante.Car cette Darwinie, comme on l’appelle
communément, recèle bien des secrets.
Alors que les conflits politiques et territoriaux s’exacerbent
autour de la nouvelle Terra Incognita, Law prend part à une expédition
dont le but avoué est de traverser les Alpes (ou leur équivalent).
De catastrophes en trahisons, l’expédition se désagrège,
tandis que ses rescapés se dirigent tout droit vers une vérité
dérangeante qu’on ne révèlera évidemment
pas ici.
Uchronie ? Oui, mais pas seulement. Monde parallèle ? Lisez-le,
on ne va pas tout vous dire.
Si la lecture de DARWINIA est légère, si la plume de WILSON
est légère, force est de reconnaître que la compréhension
immédiate n’est pas exactement de mise lors d’une
première (et hâtive) lecture. Reste que l’aventure
est passionnante, les personnages attachants, et les tenants et aboutissants
du roman parfois vertigineux.
Une excellente réédition, donc, à conseiller à
tout le monde, ne serait-ce que pour découvrir l’univers
singulier de WILSON, dont on attend les prochains opus avec beaucoup
d’impatience.