ROBERT CHARLES WILSON - BIOS - FOLIO SF

Nouveau venu dans le panorama des auteurs de SF, Robert Charles WILSON avait déjà fait parler de lui à l'occasion de la sortie de "Darwinia ", aux éditions Denoël. Aujourd'hui, avec " Bios ", il risque de toucher un lectorat plus large, sans pour autant sacrifier la qualité de son écriture.


Isis est une planète pleine de vie.
Verdoyante, tempérée, elle abrite des écosystèmes uniques en leur genre, ainsi qu'une race de bipèdes vertébrés à mi-chemin entre les insectes et les singes.
Mais Isis est loin. Très loin, même. Aux confins de la diaspora terrienne, à la limite de l'espace connu. Et Isis est dangereuse, très dangereuse. Sa biosphère a subi une évolution bien plus lente que la Terre. Chaque élément est en intense compétition avec les autres, depuis des milliers d'années. Chaque cellule, chaque bactérie, chaque molécule organique peut tuer un être humain en quelques minutes.
De cet énorme potentiel meurtrier, les Trusts veulent faire un immense réservoir pharmaceutique. Les Trusts forment l'aristocratie terrienne et remplacent les gouvernements.
Dans une société désormais entièrement assujettie à l'économie de marché, les Hommes appartiennent corps et âmes aux Familles, aux groupes qui dirigent les Trusts. La castration est couramment pratiquée par l'élite bureaucratique et l'espérance de vie peut atteindre les 250 ans pour les éléments les plus riches du système. Mais il arrive aussi que les Trusts se battent entre eux.
Sur Isis, quelques avant-postes ultra sécurisés s'occupent de recherche scientifique sans pour autant oublier que leurs travaux n'ont pour autre finalité qu'une incroyable masse d'argent.
Zoé Fisher en est l'illustration la plus flagrante.
Crée, génétiquement améliorée et entièrement destinée à l'accomplissement de sa mission d'étude, elle est conçue pour explorer la surface d'Isis sans s'embarrasser de tout l'attirail encombrant des humains normaux. Logé au creux de son bras, un régulateur la met à l'abri des émotions improductives, comme l'amour, la peur ou même la colère. Un sabotage gratuit, dévoilé dès les premières pages du livre, changera irrémédiablement ce beau programme.
Et si Zoé représentait bien plus que ce qu'on avait pu lui faire croire ? Et si ses bienfaiteurs lui avaient menti ?
Confinés dans une atmosphère stérile, et menacés constamment par la dégradation de leur espace vital, les scientifiques découvrent peu à peu la réalité de l'écosystème d'Isis. Une biosphère vivante, un tout planétaire, une entité littéralement incompréhensible.
Tout, absolument tout, vire alors à la catastrophe.


Admirablement écrit, raconté à la manière des meilleurs polars (le récit à lieux multiples est un truc très efficace pour le rythme de l'histoire), " Bios " n'est pourtant pas un chef-d'oeuvre.
Abusivement comparé à " Solaris " de Stanislas LEM, le roman n'est pas autre chose qu'un excellent récit d'aventure, teinté d'humanisme et d'une solide dose critique. La description des humains assiégés par un ennemi invisible, car essentiellement viral, installe une atmosphère paranoïaque particulièrement réussie.


À ce titre, " Bios " se lit agréablement et prend facilement sa place parmi les bons bouquins de SF. À mettre entre toutes les mains.

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