Auteur
peu connu, Andrew WEINER est aujourd'hui accessible à tous, via
la collection Folio SF qui réédite ce mois-ci "En
attendant la fin". Récit sombre, récit intimiste,
mais surtout récit particulièrement bien construit, le
roman est bien difficile à lâcher une fois la première
page tournée.
Martha NOVA a un secret. Elle peut voir l'avenir. Elle sait que ce monde
tire à sa fin. Elle en prédit même sa chute. Et
ses chansons parlent pour elle. Son succès est d'ailleurs planétaire,
énorme, délirant. Planquée dans un hôtel
de New York avant la réception qui annoncera la sortie de son
nouvel album, la chanteuse attend la mort, car elle sait bien qu'elle
viendra. Pour tout le monde, peut-être ?
Sombre, désespéré, fataliste à l'extrême,
"En attendant la fin" n'est pas à proprement parler
un roman amusant. L'atmosphère qui en émane est d'une
tristesse absolue, mais à l'instar d'un morceau des Bad Seeds
ou d'un titre d'Einstürzende Neubauten, c'est d'une tristesse très
inspiratrice qu'il s'agit.
Rien de gratuit ni de complaisant dans la description d'un monde à
l'agonie, mais bien un sentiment d'impuissance face à l'absurdité
de toute action, face à l'inutilité même de l'existence.
Le monde s'écroule, les guerres le ravagent, les épidémies
y foisonnent et l'humanité crève de misère. Un
constat amer et désabusé qui contamine assez vite le lecteur.
Nihilisme ? Peut-être. Mais l'histoire n'est pas dépourvue
l'espoir. L'ensemble est d'ailleurs très bien raconté,
via la méthode classique qui consiste à alterner l'action
vécue par plusieurs personnages. Martha, mais aussi Levett (son
manager), Duke et surtout Denning, l'unique survivant de la première
expédition terrienne sur Mars. Un voyage qui n'a, à priori,
rien à voir avec l'histoire qui nous occupe.
Au final, si le roman de WEINER vaut principalement pour l'ambiance
qui en découle, le lecteur passe un excellent moment, avec une
SF anti-spectaculaire, assez lyrique et profondément humaine.
Un mot, enfin, sur le manque de soin apporté à la correction.
On tombe bien trop souvent sur des fautes d'orthographes, des coquilles
ou même de simples fautes de grammaire pour rester de marbre à
la lecture. Si un lecteur lambda s'en aperçoit, imaginez ce qu'un
vrai correcteur pourrait trouver.
Certes, Folio SF est une collection grand public, certes Folio SF a
droit à l'erreur, mais n'allez pas me raconter que Gallimard
est trop pauvre pour soigner ses bouquins.
Quoi que.