Curieux
mélange entre Space Opera et poésie génétique,
L'anneau de Ritornel est un livre à part dans un genre particulier.
Inconnu sous nos longitudes, Charles HARNESS trouvera sans doute de
nouveaux lecteurs, via un livre original et attrayant.
Globalement assez classique, l'intrigue de cour qui fait office de lien
entre les différents protagonistes est un modèle du genre
: un univers galactique [12 galaxies unies, pour être exact] gouverné
par un seul homme, l'empereur Obéron. Un monde ultra-hiérarchisé,
à la fois technologique et médiéval dans son fonctionnement.
Une assise scientifique tout sauf crédible [avec de vrais monstres
de l'espace qui se nourrissent d'énergie]. Et dans tout ça,
un homme seul, James Andrek, habile avocat, inlassablement à
la recherche de son frère poète, et amoureux [pour son
malheur] de la fille d'Obéron.
De cette tragédie galactique quasi-antique naît une histoire
palpitante, dans laquelle rebondissements et voyages transdimensionnels
s'enchaînent allègrement. HARNESS s'essaye même à
la Hard-Science, mais les explications ne tiennent pas le choc, notamment
quand il s'aventure sur le terrain génétique et le clonage.
Les infos sont dépassées, mais ça n'enlève
heureusement rien au charme du roman, qui mise beaucoup plus sur l'intelligence
du héros que sur ses muscles [d'ailleurs absents].
Dans un Space Opera officiel, la chose est notable et bienvenue. La
lecture de L'anneau de Ritornel s'avère plaisante, fluide
et même assez prenante. On regrette parfois un certain manque
de profondeur, mais on retrouve assez facilement son âme de môme,
prêt à s'émerveiller pour tout ce qui touche de
près ou de loin aux étoiles. À recommander, donc.
Un bémol, peut-être sur la couverture remarquablement hideuse
commise par l'abominable [et indétrônable, au même
titre qu'un certain SIUDMAK] MANCHU : une araignée en contre
jour qui descend vers un astronaute en scaphandre muni d'une espèce
de dague. Bravo, trop tendance. C'est typiquement le genre de truc qui
entraîne trois choses : la honte à l'achat, la honte à
la lecture, et, au final, l'énervement.
C'est d'autant plus désagréable que les illustrateurs
talentueux et originaux ne manquent pas [Carré et Scala, pour
ne pas les nommer]. le "Space Opera" véhicule une imagerie
propre, certes, mais ce n'est pas non plus une raison pour en abuser.