Roman
incontournable de la SF américaine, « les croisés
du cosmos » est aujourd’hui réédité
en Folio SF. Une démarche logique de la part d’une collection
qui vise justement à rassembler les textes qui ont « fait
» la SF. Du à la plume du très contesté [politiquement
s’entend] Poul ANDERSON, « Les croisés du cosmos
» reste un livre à lire, ne serait-ce que pour l’excellente
couverture d’Alain BRION [Bravo au monsieur pour ce coup-là]
et la satisfaction de connaître ses classiques.
Les amateurs de Hard-science vont évidemment détester
cette improbable histoire de vaisseau spatial extraterrestre faisant
brusquement irruption au pied d’un château médiéval
anglais [Autant savoir que la crédibilité n’est
pas exactement ce qui fait le charme du roman]. Ceux et celles qui peuvent
dépasser ce léger souci scientifique seront emballés
par la rapidité et la prestance avec laquelle de braves guerriers
humains, coutumiers du combat à l’épée, massacrent
rapidement des envahisseurs bleu-pâles, bien trop mous pour impressionner
qui que ce soit.
Grâce à un otage subtilement capturé, c’est
toute une armée humaine qui prend place à bord du vaisseau,
destination Jérusalem, pour occire de l’infidèle.
Mais l’otage, qui fait ici l’une des plus funestes erreurs
de l’histoire de son peuple, met le cap vers une planète
éloignée, avant poste d’un empire extraterrestre
belliqueux, que nos croisés du cosmos vont se faire un plaisir
de mettre en pièce.
Très drôle, parodique, bien enlevé et même
jubilatoire, « Les croisés du cosmos » a tout de
l’excellent roman de SF. Il est juste dommage que l’auteur
se prenne au sérieux à mesure que l’histoire coule
d’elle-même. Commencé comme un roman d’humour,
le texte dévie peu à peu vers le roman de base, ce qui
le rend évidemment ridicule et gâche l’excellente
impression des 50 premières pages. Pas si grave, dans la mesure
où « Les croisés du cosmos » se laisse lire,
et que le lecteur passera tout simplement un bon moment, à défaut
du chef d’œuvre tant espéré.