STEVEN BRUST - AGYAR - FOLIO SF

Qui est Agyar ? Cet étrange individu s'appelle Jonathan pour la très belle Susan, Jack pour le non moins belle Jill et même Janos pour l'énigmatique Laura...


Ce type bizarre squatte une maison abandonnée dans un quartier cossu. Une maison hantée dûment occupé par un fantôme sympathique du nom de Jim. C'est d'ailleurs ce dernier qui a lancé l'idée de la machine à écrire. La machine sur laquelle Agyar écrit son journal presque quotidiennement.
Les piles de feuilles s'accumulent jours après jours et content la séduction de Jill, devenue victime, de Susan, devenue complice, et le triste souvenir de Laura. Une femme terrible qui semble avoir un pouvoir sur Agyar. Un pouvoir qui fait de lui ce qu'elle veut. " Les ordres sont les ordres et je suis ce que je suis ".
Mais objectivement, qui est Agyar ? Ou plutôt, qu'est-ce ?


Étonnant, subtil et terriblement bien raconté, "Agyar" est un non-dit permanent. Si le lecteur parvient assez rapidement à comprendre la nature exacte du narrateur, il n'en prend pas moins grand plaisir à suivre les péripéties habilement mises en scène par un Steven BRUST au sommet de son art.


C'est la force de ce roman décalé que d'être vu à travers les yeux mêmes du héro. Dès lors, le fantastique n'est pas autre chose que du quotidien, car analysé via le prisme d'un être surnaturel. N'en disons pas plus, même si [répétons-le] le lecteur n'est pas dupe très longtemps. Il suffit de savoir que "Agyar" est un très bon livre, distrayant et malin, à la construction rigoureuse.
Encore un exemple de l'originalité fondamentale de la littérature de l'imaginaire.

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