Le
mythe américain, ça vous tente ? " 7 jours pour expier
" est fait pour vous.
Habitué du cyberpunk (lire l'indispensable " Cablé
"), l'auteur s'en donne à coeur joie en racontant l'histoire
de Loren Hawn, minable chef de la Police dans un bled paumé au
fin fond du Nouveau Mexique.
Sur fond de chronique du Sud profond, le lecteur découvre les
méthodes de Loren Hawn, qui n'hésite pas à donner
une bonne leçon aux braqueurs en leur fracassant le visage à
coup de crosse. Il y a des choses qui ne se font pas dans sa ville.
Les choses changent quand un inconnu vient mourir en plein commissariat,
le corps troué de balles. Cet homme, Loren le connaît bien.
Il l'a même déjà vu mourir dans un accident de voiture,
20 ans plus tôt.
Que faire ? Croire au miracle ? Peut-être, car Loren Hawn a la
foi.
Une foi inébranlable en Dieu, à la Famille, aux Valeurs
de l'Amérique Communautaire. Loren Hawn a d'ailleurs la gueule
de l'emploi. Grand, baraqué, ancien boxeur clandestin et fidèle
du droit inaliénable de porter une arme, il est l'archétype
du flic américain tel qu'on se l'imagine en Europe.
Alors il va se battre.
Se battre contre le Laboratoire de Technologie Avancée dont les
expériences l'intriguent et qui semble être mêlé
à ce meurtre. Se battre contre la hiérarchie bureaucratique
qui ne veut pas voir ce que Loren sait pour vrai. Se battre contre la
trahison des concitoyens qui préfèrent fermer les yeux
et palper les dollars. Se battre contre tout le monde, seul, en justicier
héroïque face à l'apocalypse. Face à la stupidité
de la justice. Face à déliquescence générale.
Car la vengeance, honnêtement, ya que ça de vrai. Surtout
depuis qu'on lui a tué son frère !
Vous l'avez reconnu, Loren Hawn est Schwarzenegger, Rambo, Flash Gordon,
Yul Brynner et Charles Bronson mélangés. Il est l'incarnation
même du héro américain, honnête, droit et
facho. Le héro musclé qui va rétablir la justice
à l'Ouest du Pécos. Le héro définitivement
pathétique d'un roman qui dépasse franchement les limites
du ridicule et se rapproche dangereusement des pires scénarios
de série Z.
Car ce qui pouvait être une parodie n'en est malheureusement pas
une. Walter John WILLIAMS n'a aucune distance avec son récit
et semble en accord avec les principes moraux de Loren Hawn qui sont,
avouons-le, terriblement séduisants mais franchement répugnants
!
Reste que Mister WILLIAMS sait raconter une histoire.
"Sept jours pour expier " se commence doucement et ne se lâche
plus. Impossible de déscotcher avant d'avoir tourné la
dernière page.
Le roman est un vrai polar, sombre et glauque, admirablement rythmé,
avec "La" touche de SF qui lui confère une autre dimension
(bien que très largement prévisible).
Malheureusement, l'auteur ne nous épargne rien. De la crise morale
du héros à l'affrontement final avec le méchant,
tous les ingrédients obligatoires du récit à suspense
sont présents. On a presque affaire à un catalogue. Pénible,
donc, mais malgré tout magistral dans le rythme, "7 jours
pour expier " vaut tout de même le détour.